15.07.2008

Les impostures Facebookiennes

Toi ami jeune tu es trop dans le moove du wave qui déchire trop sa race tellement t'es up to date et uber dans le ton. Ouais tu t'es fait une fiche sur facebook, bref la gloire internautique. Myspace et Skyblog c'est pour les beaufs de 15 ans (si si ça existe j'en vois tous les jours, les mêmes qui associent le Ipod volume++++ pour que tout le monde en profite+les grosses nikes de merde ou au choix le slim de castré anorexique+ la coupe de cheveux n'importe quoi mais on s'en fout tant qu'on peut y mettre du gel+ un langage ne dépassant pas les 500 mots et encore je suis généreuse).

Nan, toi tu vas sur facebook parce que t'es trop au dessus de ça, toi tu as fait des zétudes, et tu as trop de reseau avec d'autres gens comme toi qui ont fait des zétudes. Mais perdu parmi ces milliers de fiches, comment faire pour que tout tes camarades et les camarades de tes camarades se rendent compte à quel point tu es trop important à l'échelle de la terre entière? Ben en fait c'est super fastoche il suffit de copier (maladroitement) les américains, exemple :

_Mettre école duchmole GRAD STUDENT '07 même si tu as fait une école connue uniquement en France ou pire mettre SORBONNE PARIS 1 GRAD STUDENT histoire de faire style même si n'importe quel glandu ayant eu son bac même à la repèche ou de justesse ou grace à l'option rock n roll peut y entrer, même si c'est une fac dont le beau batiment du quartier latin n'abrite que 20% même pas de ses étudiants (le reste se trouvant dans des block-haus sordides).

_Mettre UNIVERSITY D'UN BLED DES US N'IMPORTE LEQUEL ON S'EN FOUT GRAD STUDENT, oui je dis bien "grad student" alors que 1) tu n'y as passé qu'un semestre en ECHANGE ce qui ne fait de toi en aucun cas un graduated c'est à dire un diplomé de ladite université (où tu as surement passé ton temps à faire du tourisme) 2) ton university si américaine soit elle reste de seconde zone, ben ouai depuis quand tu as vu une sup de co française jumellée avec Harvard ou Yale?

_Mettre une photo de toi prise en soirée pour faire "cool" au lieu de mettre une photo post soirée (on rigoulerai plus)

_Mettre la boîte où TU AS FAIT UN STAGE en laissant planer le doute pour que tout tes copains croient que tu y bosses en tant que CDIste, mais c'est vraiment prendre les gens pour des cons (genre le mec il met "employer: 2005 LVMH manager trucmuche" alors qu'il se met plus loin en tant que membre de la promo 2007 de l'ESC trifouilli les oies)

_Mettre une photo de toi prise à l'entrée du Gala de ton école alors que tu étais tout trop bien habillé

_Mettre des photos de toi (que personne ne regarde) lors de ton voyage trop top fashion sur un lama au Pérou, histoire de montrer que tu as trop du vécu, et que tu es trop cultivé grâce à tes échanges avec les autotchones locaux.

Bref ce petit recencement résume bien ce corpuscule français de BAC+5 qui se prennent pour l'élite locale, du foutage de gueule intégral, du vide, du vent, du rien...D'ailleurs sur facebook je ne retrouve pas mes camarades de l'école primaire, normal ils ont autre chose à foutre, ils bossent déjà, ils sont techniciens, vendeurs, infirmières etc...Ils n'ont pas de fausse expérience ou de faux diplomes à étaler, ils ne font pas parti de la CSP du paraitre qui reste au pays des Bisounours même à plus de 20 ans passés.

Les Pipeaunautes - Le Gentil

Le Gentil

Variante masculine de l’altruiste maternelle, le gentil est comme son nom l’indique gentil. On se demande d’ailleurs comment il a pu réussir à trouver une place dans le monde des affaires qui lui, est principalement composé de chiens hargneux. Cela dit il n’est pas resté longtemps dans le monde extérieur aux écoles de commerce, il a vite fait trouvé une place de prof.

Il ponctue ses cours d’anecdotes personnelle sur son enfance modeste mais heureuse et de références littéraires qui font halluciner ses incultes d’étudiants qui de toute façon conversent sur MSN depuis le début du cours.

Il répète en général trente fois la même chose sous trente formes différentes, ses projections power point sont truffées de schémas aussi fantasmagoriques que ses gentilles histoires. La plupart de ses références sur la matière sont périmées, car il se tient au courant de la vie en entreprise uniquement grâce à la Tribune et les Echos. Il est aussi incapable d’élever la voix contre un étudiant qui fait trop de chahut, faiblesse ou sagesse ? Impossible de le savoir. Toujours souriant, on se demande s’il se drogue ou si c’est sa nature profonde (si c’est le cas ça redonne confiance en l’être humain). Comme dit précédemment, le plus étrange chez lui n’est non pas son sourire et sa bonhomie mais le comment et le pourquoi il évolue dans les affaires. On l’aurait plus probablement vu instituteur, vétérinaire, médecin, ou encore curé du village. Gros avantage de ce genre de prof : il ne vous saquera jamais du moment que vous ne rendez pas les devoirs avec quinze jours de retard et que vous êtes présent aux 2/3 des cours.

Les Pipeaunautes - l'artiste raté

L’artiste raté

Il est un profile dans les ESC qui ne disparaîtra jamais : celui de l’artiste raté. Ancien gamin chamailleur ou non, il a fait des études pour plaire à papa maman. Des études sérieuses et donc chiantes par définition : comptable, avocat, juriste, commissaire aux comptes. Il a toujours été incapable de se révolter face à ses parents et aussi parce que c’est quand même plus confortable de faire des études certes chiantes mais en étant à côté entretenu par ses parents que de vivre la vie de bohème et de crever de faim. Cela dit pour lui c’est clair dans sa tête depuis longtemps : c’est un artiste, un vrai, l’âme tourmenté en moins. Lui ce qu’il souhaite depuis qu’il a arrêté de mouiller ses couches c’est d’être  acteur/musicien/artiste peintre. Comme il obtient consciencieusement ses examens du premier coup parfois même avec mention ses parents lui payent même des cours de comédie ou de dessin. Il joue dans une troupe amateur ou expose ses croûtes prétentieuses à la MJC ou dans une ancienne église merdeuse transformée en centre culturel. Puis il décroche un job, dans lequel il s’emmerde 90% du temps mais dont le salaire bien plaisant lui permet d’assouvir sa passion durant ses heures perdues. Plus il vieillit plus sa frustration grandit. Il essaye de se faire connaître dans le milieu local de l’art, noue quelques relations pour lesquelles il voue une grande admiration.  Car pour lui, même un acteur minable subsistant grâce aux subventions régionales qui l’aident à monter ses mises en scènes crétines que personne ne va voir, est un génie, car il a su osé là où n’a jamais pu faire de même. Il pourrait très bien faire un virage à 180 degrés et tout plaquer du jour au lendemain pour assouvir son rêve, mais son problème c’est qu’étant suiveur par nature il est déjà marié et a des gosses à nourrir. Il vit alors par procuration, pas question pour lui de vie de bohème à Paris entre le cours Florent et les castings. Cependant pour certains de ces fantasmeurs le miracle peut s’accomplir grâce à une voie parallèle, en effet les écoles de commerce, par souci d’un soi-disant besoin d’ouverture d’esprit (alors que plus des 2/3 de leurs étudiants sont issus du même moule prépa) sont avides de cours/électifs de culture générale (et aussi parce que 99% de leurs étudiants n’ouvrent pas un bouquin durant leur trois ans de scolarité) histoire que leur grande machine ne soit pas une totale usine à incultes. On voit donc fleurir des cours de « théâtre managérial », « écriture créative », « stratégie militaire », « pensée de l’antiquité gréco-latine », « philosophie des organisations ». Pour les plus malins de nos doux rêveurs, ce genre d’opportunité est la chance de leur vie pour vivre en live leur rêve de toujours. En effet certains d’entre eux, par leurs compétences reconnues en comptabilité et grâce à leur réseau, ont réussi à obtenir des vacations dans les écoles de commerce pour des cours de niveau élémentaires. Ayant déjà un pied dans l’institution, ils peuvent se proposer pour donner des cours de culture générale à prix réduit. Les gestionnaires de l’école ne disent pas non car leur budget pour l’année est déjà bien entamé à cause des buffets campagnards que donnent les profs mégalos pour soi-disant faire connaître leurs travaux de recherche (si recherche il y a).

Enfin pour eux le rêve se réalise, à défaut d’être sur le feu des planches ils pourront jouer les maîtres dans l’art de la comédie. Ils en profiteront même pour inviter en tant qu’intervenants leurs amis artistes régionaux. Dès lors on peut voir dans les ESC des groupes de mômes en train de se rouler par terre afin d’exprimer « l’animal qui est en eux » ou de crier pour exprimer leur « moi intérieur ». Si leurs parents qui raquent plus de 7000 euros par an savaient ça…