28.07.2008

Obéir à ses désirs

Dernièrement, j’ai eu une conversation houleuse avec des amis de mon conjoint sur le devenir d’une de nos connaissances communes, durant laquelle, je mettais en doute le bien fondé de ses choix, lesquels selon moi ne partaient pas d’une intention sentimentale incluant le vrai et doux amour mais plutôt d’ordre matériel. Ces décisions, pouvant selon moi impliquer à tort, ou de manière mensongère, des personnes proches.

Je me suis faite vivement reprendre, par un de ses amis de longue date, qui retournant la situation, la faisait passer comme victime plus qu’actrice de la situation. La dispute s’étant conclue par : « tant qu’elle réponds à ses désirs avec enthousiasme, elle n’aura jamais de soucis ».

Pour moi, cet argument ne tient pas la route, obéir strictement, sa vie durant, aux impulsions dictées par ses désirs ne peut mener au bonheur. Ou bien peut-être à un plaisir narcissique et égoïste de courte durée, le comblement d’un désir aboutissant sur un autre.

Le désir, n’est que trop rarement dicté par la raison mais plutôt par des fantasmes, des idées plus ou moins factices, voir un conditionnement pur et simple. On ne peut donc se baser là-dessus dans notre quête du bonheur, qui selon moi tient plus à des hasards, des instants de félicitée, de satisfaction du devoir ou but accompli.

Nous sommes dans une société égoïste et individualiste où l’on parle de plus en plus de « développement personnel », notion nouvellement entrée dans les esprits, chacun l’évaluant selon ses propres fantasmes de réussite personnelle. Réussite qui peut se traduire par l’acquisition de biens (immobiliers, de consommation, etc.), d’une position sociale (devenir parent, dirigeant, élu etc.) ou d’une reconnaissance factice et/ou éphémère (réussite à des concours, obtention d’un titre, d’un poste etc.). Réussite venant combler le petit narcissisme ordinaire de chacun, cette petite chose qui souhaite voracement que tout le monde nous aime et nous considère, petite chose résultant parfois de notre enfance, de la manière dont nos parents ont posés les yeux sur nous ou encore de la manière dont on a pu vivre nos relations avec les autres.

Ce désir est donc dicté, conditionné, en fonction de nos parents, de nos grands parents, de nos ancêtres mais aussi de la société dans laquelle nous évoluons, à la manière dont nous la percevons, dont nous savons la décrypter ou encore la critiquer. Peu de personnes sont aptes à prendre autant de recul, ni même en mesure de commencer la moindre remise en cause ou bien fondé de ces « désirs ».

On ne peut donc indexer son bonheur sur des bases aussi peu solides, sur cette simple perception.

Le désir, dans son sens propre, ne peut s’accommoder de la raison et de la notion d’engagement. Nous avons derrière nous de nombreuses années durant lesquelles, il fut mis en avant que la félicité pouvait s’obtenir à la réponse des commandements de son cœur, de ses élans, voir de ses instincts. Cette position, venant à l’encontre du devoir dicté par la morale, de l’engagement ou encore de la fidélité. Comme simple exemple, prenez toute cette palanquée de romans, prônant l’amour passionnel, vécu hors du mariage, dans l’adultère, loin de la morale religieuse ou sociétale. Ces histoires, racontant l’homme qui réussi grâce au comblement de ses désirs, de sa soif de pouvoir, de la passion qu’il peut éprouver.

Cette idée a fini par détruire l’ordre moral et sociétal pour aboutir à une société de soi-disant hédonistes dans les paroles mais de puissants névrosés dans les faits.

Je les vois autour de moi, ces exemples de personnes malades de leurs désirs, dictés par ce qui leur semble le « bon », le « beau », le « confortable » mais surtout l’aboutissement de leur personne : « si je ne le fais pas maintenant, je le regretterai toute ma vie » entend-t-on si souvent. Mais pourtant, ce que je constate, ce sont des gens courant après un statut social, un titre inatteignable, un idéal dicté de toute pièce, pourvu que cela réponde à leur conditionnement de départ,conditionnement qu’ils pensent en fait « désiré » de toutes pièces par leur être.

Voici donc untel qui rate l’agrégation, trois fois d’affilé, ou encore cet autre qui l’obtient avec succès mais se retrouve à enseigner dans la mélancolie et la dépression au fin fond de la France , parce que obnubilé par cet objet de désir en avait oublié la fonction première : permettre de devenir enseignant du secondaire.

Ou encore cet autre, accumulant les reconnaissances prestigieuses mais incapable de se lancer dans la vie et ses difficiles mais enrichissantes préoccupations.

On aurait du apprendre à ces personnes que le bonheur ne résulte ni ne résultera jamais en l’accumulation, ni au titre suprême du singe le plus savant de nos beaux quartiers.

Je ne dis pas que je n’ai jamais répondu à ce schéma, mais j’ai appris à essayer du moins d’interroger mes désirs, au lieu de foncer dedans la tête baissée.

Je crois en la légitimité de l’engagement, à la sublimation des frustrations, beaucoup plus belle et créatrice à mon sens que son comblement pur et simple. J’admire la modestie, la critique raisonnable et raisonnée, la justesse et l’acceptation entière et globale de ce que nous offre la vie. Ne pourrions-nous pas essayer de cultiver juste simplement ce que nous possédons déjà au lieu d’obéir égoïstement et de manière infantile à nos désirs.

Je dois sûrement être juste une simple bête femme de devoir, un mouton selon d’autres, une pauvre « réac’ » abrutie par ses valeurs. Mais ne serait-ce pas cela aujourd’hui, la vraie intelligence ? Ou encore la source de notre joie ? Je vous retourne la question et vous laisse la parole…

15.07.2008

L'élite de la nation ion ion ion !

Ami lecteur, si tu m'as suivi durant tout ce temps (ya vraiment des gens qui s'ennuient quand même), dans ta grande perspicacité (non, non n'en doute pas), tu as dû remarquer : 1) mon goût pour la critique, 2) mon obsession pour cette soi-disant élite à la française, 3) le plaisir que j'ai à critiquer la soi-disant élite française.

Mais comment j'en suis arrivée là ? Pourquoi tant de haine ? Pourquoi à ce moment là avoir fait une ESC ? C'est simple, je n'arrive pas à les éviter, mon grand défaut de toujours étant le fait d'être une fille de paysan qui aimait lire, j'ai été orientée à faire les mêmes études qu'eux, à les fréquenter, pour finalement en faire un sujet d'observation. Je te rassure, je connais aussi des gens très biens venant de tous milieux, d'ailleurs c'est bien pour ça que ce sont mes amis. Mais je ne suis pas ici pour critiquer mes amis (je ne suis pas une balance comme toutes ces petites bourgeoises de mes deux).

Or parmi les bourgeois, il n'y a pas que des incultes, non il y a aussi de vrais forts en thème, n'en doutons pas, même si dans leur grande majorité, ils n'auront jamais à en chier autant que le fils d'ouvrier qui aime lire pour accéder aux études supérieures et aux postes qui vont avec. Mais que veulent devenir ces forts en thèmes ? Mais réfléchis coco ! Quel est le statut le plus planqué, le plus valorisant, le moins fatiguant, le plus dédouanant de vos mauvais penchants/cotés en France ? Quelle est une des professions les plus estimées en France ?

Mais oui ! Enseignant-chercheur-prof de fac !

La plupart d'entre eux, valeureux postulants, ne se sont jamais interrogés sur leur motivation à être enseignant ou encore à avoir le goût de la transmission, juste ils savent un truc, faut faire ça, parce que là au moins ils pensent qu'ils seront reconnus à leur juste valeur. De toute façon c'est leur seul débouché à l'issue de leur bac + 10 de Tanguy gâté, ah non jamais ils ne s'abaisseront à travailler "en entreprise", c'est trop salissant, pas assez valorisant et puis "c'est que du fric" (d'autant plus facile de considérer que l'argent est sale et qu'il pue quand soi-même on en a jamais manqué et que l'on a pas honte de mendier auprès de ses parents).

Tu penses peut-être que j'invente ! Eh malheureusement non! Des personnes comme ça, j'en connais un paquet, en général ils me regardent comme une martienne quand ils apprennent que je suis plus jeune qu'eux et que je bosse. Dur de partager avec eux mes blagues de bureau échangées sous Outlook. Pas évident non plus de causer convention collective et clause abusive. J'ai des exemples vivants qui d'un côté plantent leur CAPES 5 années de suite, passent l'Agreg parce que c'est soi-disant "prestigieux" (là encore toute proportion gardée parce que c'est vraiment un titre franco-français voué à la mort) et se retrouvent catapulté à l'autre bout de la France , loin de leur 5ieme natal et finissent en dépression sévère, voir explosent leur hystérie. Encore un autre qui traîne sa thèse de poste d'ATER en poste d'ATER et qui en 5 ans n'a toujours pas écrit une ligne, mais qui trouve encore le moyen de couiner parce que bon hein, 6 heures de cours à donner par semaine c'est encore trop (sur deux jours) et ça ne lui laisse pas assez de temps pour ses "recherches" (et dieu sait qu'ils se déchirent entre eux ces gugusse pour ces postes d'ATER). D'autres encore se découvrent une vocation de bibliothécaire après plantage à l'agrég ou lassitude après la 3ieme année de thèse.

Mais bon, là encore n'est pas le problème, le malaise et la colère que j'éprouve en leur présence (même si un soir j'ai appris que dixit "école d'ingénieur était des études de merde qui menaient à des boulots de merde" apparemment la merde n'a plus d'odeur quand transformée en impôts elle finance nos glorieuses fabriques à cretins de ce genre fac).

Non, non, non, ça n'est pas encore les entendre geindre et raconter leur psychanalyse à 50 euros la séance (question de calcul : combien de séances faites vous : avec un RMI ? Avec un SMIC?) qui m'horripile le plus.

Non ce qui est phénoménal, c'est leur hypocrisie, ils ne veulent pas s'abaisser au monde de l'entreprise, se disent littéralement "passionnés" par leur discipline (en même temps, quand on lit leur sujet de thèse, parfois on se pose des questions quant à leur prétendue passion, qui soudainement prend un tour chiantissime) mais réduisent celle-ci à l'ambition frileuse et médiocre d'un poste de on-sait-pas-quoi planqué on-ne-sait-où. Et ils sont 10 000 chaque année comme ça, à s'inscrire en thèse, à vouloir être "chercheur". A combler leur narcissisme de petit singe savant des beaux quartiers. Combien de vrais talents, de génies, de pur intelligence dans ce nombre? Très peu, car le talent est rare, certes, mais aussi parce que la passion et ses acteurs ne doivent jamais s'abaisser au mercantilisme.

Je pense que lorsque l'on aime sincèrement les lettres ou les arts, on ne souhaite pas le réduire à l'état alimentaire, à l'état même de travail. Ici la culture et les recherches sont à proprement parlé utilisés comme un objet social, un faire-valoir qui légitime la place du bourgeois (le savoir dédouanant la non légitimité de la possession matérielle, "on est riche et en plus on a le savoir, vous voyez, on mérite" comme il comble la culpabilité de celui qui possède matériellement). Ici le savoir est réifié et matérialisé (il n'y a qu'à voir leur obsession pour les colloques et les publications ainsi que les post doc et autres bourses d'étude), il doit être utile au ventre et au statut social de son possesseur.

Ça m'a toujours rendue triste.

Je rêve d'un vieux maître dans sa cabane qui veut juste transmettre au plus juste, au passionné modeste qui sait chérir son amour des belles choses pour ses instants privilégiés, à l'autodidacte pour lequel le savoir l'enrichi dans son plaisir pour "ces autres choses".

N'oubliez pas, Vermeer était aubergiste, Spinoza polisseur de verre, Céline médecin, Bazin vendeur de chaussettes, Stendhal fonctionnaire-diplomate, Fontane pharmacien, Rimbaud trafiquant d'armes....

 

Les impostures Facebookiennes

Toi ami jeune tu es trop dans le moove du wave qui déchire trop sa race tellement t'es up to date et uber dans le ton. Ouais tu t'es fait une fiche sur facebook, bref la gloire internautique. Myspace et Skyblog c'est pour les beaufs de 15 ans (si si ça existe j'en vois tous les jours, les mêmes qui associent le Ipod volume++++ pour que tout le monde en profite+les grosses nikes de merde ou au choix le slim de castré anorexique+ la coupe de cheveux n'importe quoi mais on s'en fout tant qu'on peut y mettre du gel+ un langage ne dépassant pas les 500 mots et encore je suis généreuse).

Nan, toi tu vas sur facebook parce que t'es trop au dessus de ça, toi tu as fait des zétudes, et tu as trop de reseau avec d'autres gens comme toi qui ont fait des zétudes. Mais perdu parmi ces milliers de fiches, comment faire pour que tout tes camarades et les camarades de tes camarades se rendent compte à quel point tu es trop important à l'échelle de la terre entière? Ben en fait c'est super fastoche il suffit de copier (maladroitement) les américains, exemple :

_Mettre école duchmole GRAD STUDENT '07 même si tu as fait une école connue uniquement en France ou pire mettre SORBONNE PARIS 1 GRAD STUDENT histoire de faire style même si n'importe quel glandu ayant eu son bac même à la repèche ou de justesse ou grace à l'option rock n roll peut y entrer, même si c'est une fac dont le beau batiment du quartier latin n'abrite que 20% même pas de ses étudiants (le reste se trouvant dans des block-haus sordides).

_Mettre UNIVERSITY D'UN BLED DES US N'IMPORTE LEQUEL ON S'EN FOUT GRAD STUDENT, oui je dis bien "grad student" alors que 1) tu n'y as passé qu'un semestre en ECHANGE ce qui ne fait de toi en aucun cas un graduated c'est à dire un diplomé de ladite université (où tu as surement passé ton temps à faire du tourisme) 2) ton university si américaine soit elle reste de seconde zone, ben ouai depuis quand tu as vu une sup de co française jumellée avec Harvard ou Yale?

_Mettre une photo de toi prise en soirée pour faire "cool" au lieu de mettre une photo post soirée (on rigoulerai plus)

_Mettre la boîte où TU AS FAIT UN STAGE en laissant planer le doute pour que tout tes copains croient que tu y bosses en tant que CDIste, mais c'est vraiment prendre les gens pour des cons (genre le mec il met "employer: 2005 LVMH manager trucmuche" alors qu'il se met plus loin en tant que membre de la promo 2007 de l'ESC trifouilli les oies)

_Mettre une photo de toi prise à l'entrée du Gala de ton école alors que tu étais tout trop bien habillé

_Mettre des photos de toi (que personne ne regarde) lors de ton voyage trop top fashion sur un lama au Pérou, histoire de montrer que tu as trop du vécu, et que tu es trop cultivé grâce à tes échanges avec les autotchones locaux.

Bref ce petit recencement résume bien ce corpuscule français de BAC+5 qui se prennent pour l'élite locale, du foutage de gueule intégral, du vide, du vent, du rien...D'ailleurs sur facebook je ne retrouve pas mes camarades de l'école primaire, normal ils ont autre chose à foutre, ils bossent déjà, ils sont techniciens, vendeurs, infirmières etc...Ils n'ont pas de fausse expérience ou de faux diplomes à étaler, ils ne font pas parti de la CSP du paraitre qui reste au pays des Bisounours même à plus de 20 ans passés.

Les Pipeaunautes - Le Gentil

Le Gentil

Variante masculine de l’altruiste maternelle, le gentil est comme son nom l’indique gentil. On se demande d’ailleurs comment il a pu réussir à trouver une place dans le monde des affaires qui lui, est principalement composé de chiens hargneux. Cela dit il n’est pas resté longtemps dans le monde extérieur aux écoles de commerce, il a vite fait trouvé une place de prof.

Il ponctue ses cours d’anecdotes personnelle sur son enfance modeste mais heureuse et de références littéraires qui font halluciner ses incultes d’étudiants qui de toute façon conversent sur MSN depuis le début du cours.

Il répète en général trente fois la même chose sous trente formes différentes, ses projections power point sont truffées de schémas aussi fantasmagoriques que ses gentilles histoires. La plupart de ses références sur la matière sont périmées, car il se tient au courant de la vie en entreprise uniquement grâce à la Tribune et les Echos. Il est aussi incapable d’élever la voix contre un étudiant qui fait trop de chahut, faiblesse ou sagesse ? Impossible de le savoir. Toujours souriant, on se demande s’il se drogue ou si c’est sa nature profonde (si c’est le cas ça redonne confiance en l’être humain). Comme dit précédemment, le plus étrange chez lui n’est non pas son sourire et sa bonhomie mais le comment et le pourquoi il évolue dans les affaires. On l’aurait plus probablement vu instituteur, vétérinaire, médecin, ou encore curé du village. Gros avantage de ce genre de prof : il ne vous saquera jamais du moment que vous ne rendez pas les devoirs avec quinze jours de retard et que vous êtes présent aux 2/3 des cours.

Les Pipeaunautes - l'artiste raté

L’artiste raté

Il est un profile dans les ESC qui ne disparaîtra jamais : celui de l’artiste raté. Ancien gamin chamailleur ou non, il a fait des études pour plaire à papa maman. Des études sérieuses et donc chiantes par définition : comptable, avocat, juriste, commissaire aux comptes. Il a toujours été incapable de se révolter face à ses parents et aussi parce que c’est quand même plus confortable de faire des études certes chiantes mais en étant à côté entretenu par ses parents que de vivre la vie de bohème et de crever de faim. Cela dit pour lui c’est clair dans sa tête depuis longtemps : c’est un artiste, un vrai, l’âme tourmenté en moins. Lui ce qu’il souhaite depuis qu’il a arrêté de mouiller ses couches c’est d’être  acteur/musicien/artiste peintre. Comme il obtient consciencieusement ses examens du premier coup parfois même avec mention ses parents lui payent même des cours de comédie ou de dessin. Il joue dans une troupe amateur ou expose ses croûtes prétentieuses à la MJC ou dans une ancienne église merdeuse transformée en centre culturel. Puis il décroche un job, dans lequel il s’emmerde 90% du temps mais dont le salaire bien plaisant lui permet d’assouvir sa passion durant ses heures perdues. Plus il vieillit plus sa frustration grandit. Il essaye de se faire connaître dans le milieu local de l’art, noue quelques relations pour lesquelles il voue une grande admiration.  Car pour lui, même un acteur minable subsistant grâce aux subventions régionales qui l’aident à monter ses mises en scènes crétines que personne ne va voir, est un génie, car il a su osé là où n’a jamais pu faire de même. Il pourrait très bien faire un virage à 180 degrés et tout plaquer du jour au lendemain pour assouvir son rêve, mais son problème c’est qu’étant suiveur par nature il est déjà marié et a des gosses à nourrir. Il vit alors par procuration, pas question pour lui de vie de bohème à Paris entre le cours Florent et les castings. Cependant pour certains de ces fantasmeurs le miracle peut s’accomplir grâce à une voie parallèle, en effet les écoles de commerce, par souci d’un soi-disant besoin d’ouverture d’esprit (alors que plus des 2/3 de leurs étudiants sont issus du même moule prépa) sont avides de cours/électifs de culture générale (et aussi parce que 99% de leurs étudiants n’ouvrent pas un bouquin durant leur trois ans de scolarité) histoire que leur grande machine ne soit pas une totale usine à incultes. On voit donc fleurir des cours de « théâtre managérial », « écriture créative », « stratégie militaire », « pensée de l’antiquité gréco-latine », « philosophie des organisations ». Pour les plus malins de nos doux rêveurs, ce genre d’opportunité est la chance de leur vie pour vivre en live leur rêve de toujours. En effet certains d’entre eux, par leurs compétences reconnues en comptabilité et grâce à leur réseau, ont réussi à obtenir des vacations dans les écoles de commerce pour des cours de niveau élémentaires. Ayant déjà un pied dans l’institution, ils peuvent se proposer pour donner des cours de culture générale à prix réduit. Les gestionnaires de l’école ne disent pas non car leur budget pour l’année est déjà bien entamé à cause des buffets campagnards que donnent les profs mégalos pour soi-disant faire connaître leurs travaux de recherche (si recherche il y a).

Enfin pour eux le rêve se réalise, à défaut d’être sur le feu des planches ils pourront jouer les maîtres dans l’art de la comédie. Ils en profiteront même pour inviter en tant qu’intervenants leurs amis artistes régionaux. Dès lors on peut voir dans les ESC des groupes de mômes en train de se rouler par terre afin d’exprimer « l’animal qui est en eux » ou de crier pour exprimer leur « moi intérieur ». Si leurs parents qui raquent plus de 7000 euros par an savaient ça…

Les Pipeaunautes - Le killer

Les pipeaunautes, portrait 2

Le killer

Le killer peut être une variante du mégalo, à la différence que le killer possède lui une réelle expérience en entreprise. Expérience plutôt réussie puisqu’il est ancien responsable de marché, de zone, de comptes clés, d’une cellule de marketing internationale. Durant ses heures de gloire, au dessus de lui il n’y avait que le PDG. Seulement un jour il a du arrêter, mais ça il ne vous dira jamais pourquoi ou alors inventera quelque chose sur son besoin d’  « équilibre personnel » la quarantaine venue. La vérité était qu’il s’est retrouvé sur la sellette du jour au lendemain remplacé par Igmar son collègue suédois progressiste et célibataire (lui ayant une femme et des gosses depuis quelques années). Fort heureusement un ancien collègue à lui, aujourd’hui prof de marketing lui fait savoir que l’école de province dans laquelle il officie recherche actuellement un prof de marketing ou encore de stratégie (matière fourre tout par excellence) voir de management (encore plus fourre tout). Grâce à son autorité devenue naturelle, il décroche le poste et une planque au chaud bien assurée, pour la rendre encore plus solide il passe en vitesse une thèse pour pouvoir par la suite se justifier d’une chaire de recherche (qui fera de lui un vrai planqué). Ancien haut responsable, il connaît les valeurs humaines, aussi il n’hésite pas à rendre un coup de main au président de l’école pour vendre celle-ci. Plus il la vend plus sa planque est assurée. Par ailleurs il donne quelques cours, ce qui ne lui déplaît pas car il adore parler de lui et comme les étudiants sont toujours avides de témoignages sur ses expériences vécues, il ne s’en prive pas. Tout y passe, sa vie, son œuvre, son mythe. Il donne même des conseils sur le bon usage de la corruption pour gagner un appel d’offre. On a même le droit à l’aperçu du fond d’écran de son portable à quinze mille balles (payé par l’école), fond d’écran qui représente sa « happy family » femme et gosses (jeunes parce qu’il les a eu tard, il ne se paye pas encore de crise d’ado à la maison). Le portrait triomphant du mec qui a réussi. Mais hors des murs de l’école qui le connaît ? Il n’est rien de plus qu’un type ordinaire avec ses problèmes d’ego et de cholestérol (à cause des dîners d’affaire destinés à vendre le concept de l’école en Arabie Saoudite). Hors de la sphère régionale de la CCI , personne ne le connaît, il n’est qu’une ancienne gloire, une vieille cantatrice qui a perdu ses rêves et sa beauté. Ses collègues d’HEC se foutent de sa gueule, parce que eux aussi étaient d’ancien DG mais eux ont réussi à se planquer à HEC, crème de la crème (cela dit hors de France personne ne connaît cette école) et pas lui. Il lui reste donc à essaimer ses jours heureux, parfois même en grossissant le propos à ses petits étudiants naïfs et crédules qui voient en lui l’incarnation de leurs rêves. C’est toujours cela qui reste.

Le professeur mégalomane

Bon alors Bonne Année à tous et tout le bordel que l'on peut souhaiter pour chacun. Bon formalités d'usage de passés, j'inaugure ici un nouveau cycle de post, en effet forte de mes trois années d'expérience au sein de GEM les frites (moua ha ha), j'ai écris une série de protraits plus ou moins humoristiques ou cyniques destinés à vous faire voyager dans le monde merveille des business school à la française. Dans la série "nos régions on du talent", ma très chère GEM, souhaite sous peu éliminer de son recrutement les admissions parallèles histoire de faire comme son modèle HEC, le problème c'est que GEM n'est précisément pas HEC, déjà ne pas être situé aux environs de panam, ça change tout, en tout cas voila pour moi une occasion de plus de la poignarder. Voici donc le portrait du jour, premier portrait d'une série que j'ai baptisé "les pipeaunautes":

Le professeur mégalomane

Chaque école en possède au moins un, si ce n’est plusieurs. Le prof mégalomane, se croit par essence très important, fondateur d’une école de pensée ou d’un concept fumeux qui n’est qu’une vague resucée d’une théorie sérieuse de ses lointains collègues américains de la Harvard Business School ou de Standford. Il a agrémenté une théorie, un mode de management imaginé depuis déjà près de 20 ans à sa sauce en y ajoutant sa « pensée » et des « jeux symboliques » et surtout beaucoup de son ego. Le voilà donc en tête d’une cellule « Internationale » de recherche dont il est l’unique membre (facile donc dans ce cas d’être international), cellule drainant le maximum de subventions destinées à alimenter de soi-disant recherches qui elles stagnent depuis déjà pas mal de temps. Normal car aujourd’hui il est devenu quelqu’un d’important, la preuve on le demande partout, pour l’instant sa reconnaissance est surtout régionale car il arrive par son charisme à vendre sa soupe à des gogos lors de rencontres organisées par la CCI qui finance l’école supérieure de commerce dans laquelle il évolue. Une compétence que l’on ne peut pas lui enlever c’est bien celle de savoir vendre n’importe quoi à n’importe qui. Devant les étudiants pour lesquels il daigne de faire cours (et aussi parce qu’il a quand même besoin d’arrondir ses fins de mois, son livre contant sa théorie révolutionnaire ne se vendant pas si bien et sa femme réclamant des vacances au ski), il s’enflamme en jouant quand même les mecs ouverts et à l’écoute tout en ayant toutefois du mal à dissimuler un certain mépris pour ces personnes moins âgées que lui qui deviendront de potentiels rivaux d’ici moins de dix ans. Déjà, certains osent lui faire remarquer les raccourcis historiques énormes qu’il prend pour expliquer le déroulement de la marche du monde jusqu’ici, déroulement qui explique à quel point sa théorie doit être appliquée aujourd’hui (oui ce mec se prend vraiment pour un grand penseur révolutionnaire dont dépend la marche économique du monde).

En vérité cet ego énorme est le produit d’un complexe d’infériorité qu’il cultive depuis son adolescence. Ado feignant, il a triplé sa terminale, ayant préféré draguer des filles et jouer au foot (à l’époque il se voyait futur star des stades) plutôt que de bosser son bac, il a vu plusieurs de ses anciens collègues réussir alors que lui stagnait lamentablement. Fort heureusement, sa famille (honteuse d’avoir engendré une telle tare) est riche et peut lui financer par la suite son bac+5 obtenu péniblement tant bien que mal en 8 ans. L’obtention de justesse de son DEA en matière fumeuse (stratégie, développement durable, génie des fumisteries etc.) (Cela dit personne n’a jamais été vérifié qu’il était titulaire d’un DEA) lui redore son blason. Dès lors l’ancien petit mouton noir se veut aujourd’hui grand penseur devant l’éternel. Il a même compris que plus un mensonge est gros plus il passe, du moment que l’argument de vente est bon. Sa grande gueule dissimule bien son manque d’épaisseur. Au quotidien il est insupportable, vit le portable greffé à son oreille, au restaurant joue ostensiblement avec (quel genre d’appel important peut il attendre à 23h ?), parle fort, n’écoute personne d’autre que lui-même et se veut bon conseiller parce qu’il a soi-disant de l’expérience en entreprise (alors qu’il vit à l’école depuis qu’il est né). Toute personne ne pensant pas comme lui est forcément conne à ses yeux, ce qui lui a valu d’ailleurs de se fâcher avec pas mal de ses collègues (particulièrement des spécialistes de la gestion financière, les mecs qui ne supportent pas  ce qui ne peut se démontrer sans preuves).

Con, presque toujours chauve, petit et bedonnant, ce genre d’homme ne possède rien pour lui si ce n’est sa « cellule internationale » qui le planque bien au chaud aux frais de la princesse (une ESC de province coûtant plusieurs milliers d’euros chaque année), reste pour lui de ne pas se fâcher avec le directeur de la susdit école sous peine de se voir torpillé ailleurs, même s’il compte sur les royalties de son bouquin prétentieux et mal écrit (le seul qu’il écrira d’ailleurs) pour lui donner fortune. C’est toujours en face de son patron que soudainement on le voit moins ramener sa grande gueule.

Névrose et mondanités

Asphodèle est une philantrope, oui tu l'as bien compris toi petit lecteur qui t'esclaffe en lisant cela. Asphodele il y a quelques mois de cela t'aidait vraiment en te prodiguant ses bons conseils pour faire bonne figure dans une famille comme il faut de la rive gauche parisienne, aujourd'hui elle va plus loin puisqu'elle t'explique comment survivre durant une party mondaine où le nombre de bobos a été multiplié par 60. Forte de ses 5 ans d'expérience, elle te conseille de faire un copier-coller de ce qui va suivre et de le conserver éternellement dans ton disque dur, voir de l'imprimer en plusieurs exemplaires.

Les sujets de conversation les plus abordés durant ce genre de scéances sont:

Les voyages en Inde (variante le Népal, le Tibet, enfin bref tout ce qui sonne mystique et qui se situe vers l'Orient)

Les études des enfants (Science-Po, ENA, HEC, Columbia University (mais notes le bien jamais de CAP en menuiserie))

La dernière expo présentant des babioles asiatiques

Le dernier récital de poèmes (type Lucchini ou Trucmuche dit Apollinaire)

Les anecdotes sur les voyages à l'étranger (on peut toutefois se permettre quelques remarques racistes telle la bourgeoise naive, ça passe très bien étrangement (exemple: Les Syriens c'est voleur, ça pisse partout et ça achète des femmes en utilisant des chameaux comme monnaie d'échange)

Et toutes sortes de points de vue aussi édifiants qu'indispensables (l'espéranto c'est utile, toutes les langues se ressemblent (ma fille a appris le chinois en un an (et mon cul c'est du poulet), les coiffeurs sont des voleurs, bien penser à commenter la bouffe, la joie de vivre des enfants, la joie de vivre en Roumanie).

Si vous êtes la seule personne de moins de 45 ans dans un rayon de 700 mètres voici un guide de survie: colle toi au bar avant qu'il ne soit trop tard, c'est là que se situe la bouffe et la boisson car n'oublions pas quel est le plaisir favori des plus de 50 berges. Le bar c'est aussi utile pour attirer des gens à soi, d'abord on leur offre une assiette en carton, puis on leur passe une coupe et comme ils sont polis, ils se sentent obligés de vous faire la conversation. Voilà de quoi passer le temps en attendant QUE VOTRE COPAIN RAMENE ENFIN SA FRAISE AU BOUT DE 2H30 D'ATTENTE!

Ne pensez jamais à mal d'une remarque énorme sur la géopolitique, la politique ou même la société, par définition la bourgeoise n'a pas fait de thèse sur le sujet, juste elle lit télérama (pour trouver les spectacles à aller voir avec ses copines du club de lecture ou avec sa soeur) et Figaro (surtout le week-end pour Figaro Madame), parfois elle est même née au Maroc ou en Algérie durant les glorieuses ères coloniales de notre belle France (elle a donc naturellement un point de vue tout à fait différent du votre sur l'immigration). Parfois même elle doit son éducation (et son mari) grâce aux rallyes et autres parties chics pour gens bien nés. Ne vous étonnez pas non plus de l'entendre décliner le pédigree de son mari quand elle le présente à vous (c'est un ancien ESCP), car c'est là toute sa gloire (tu as épousé une profession libérale ma fille, tu fais honneur à ton père).

Attention, Asphodèle et ses comparses ont même pris le risque de faire des cascades spécialement pour toi ami lecteur! Oui comme ça tu sais AUSSI ce qu'il ne faut pas faire!

A ne pas faire :

Essayer de mettre une touche d'humour de jeune en déclarant à un invité coinços (type médecin de religion juive) tout en présentant les deux seuls autres moins de 30 ans de la soirée : "Oui! C'est nous les branleurs de la soirée!" (Comme le disait Cioran, "ce fut une bonne occasion de se taire, hélas elle est perdue"). L'humour jeune ne marche précisément pas sur ceux qui ne le sont plus.

Essayer de danser le rock quand on a pas vécu sa jeunesse dans les années 60 et que votre copain est obsédé par le 3 3 2.

Essayer de causer culture Syrienne avec quelqu'un qui a eu un père ambassadeur durant les années 60.

Essayer de faire comprendre que l'illétrisme ça n'est pas quand un élève de terminale d'un lycée du centre ville parisien ne sait pas où se situe Ourlan-Bator.

Essayer de parler de son métier quand on est animateur d'atelier dans une unité psychiatrique (allez vas y raconte nous des anecdotes sur les fous! Yen a pas un qui se prend pour Dieu ou Napoléon dans le lot? (après on retrouve le même genre de personnes qui vous parlent du "respect du patient").

Porter une robe au décolleté croisé avec un soutien-gorge inapproprié (genre couvrant et confortable), risque de bataille pour ne pas laisser apparaître la chose durant toute la soirée.

Voilà, tu n'as plus qu'à suivre ces excellent conseils, pour toi aussi réussir tes premières surprises parties sur la Rive gauche. Merci qui? Merci Asphodèle!!!!

Vade-mecum du comment bien réussir sa première entrevue avec ses beaux parents

Tu es jeune, jolie, cultivée et en plus tu as un cerveau ? C’est bien, tu t’en tireras dans la vie. Un de ces paramètres te manque pour réussir, pas de problème, asphodèle est là pour t’aider car elle a un cœur d’or (quoi tu en doutes ?). Aujourd’hui nous allons voir comment bien réussir son entrée dans la famille de ton cheum/petit ami/promis/amoureux/mec. Attention ceci s’adresse particulièrement à toi si :

_Ton mec est issu d’un quartier calme sans être complètement bourgeois de Paris (style 15ième, 13ième)

_Ton mec est issu d’un centre ville bourgeois de province (Style Bordeaux, Nantes, Quimper, Lille, Tours, Angers etc.)

_Il y a au moins une CSP entre vous sur l’échelle des valeurs.

_Un des deux parents est fonctionnaire (concours catégorie A minimum tout de même faut pas pousser)

_Les beaux parents sont abonnés à Télérama

_A Noël pour l’année Mozart ils se sont offerts l’intégral en 80 cds

_Ils collectionnent les antiquités exotiques (vase de Chine, paravent japonais, poignard arabe etc.)

_Ils ont une maison secondaire à la Baule où à St Malo

_La famille a un passé glorieux (un grand-père polytechnicien, un obscur titre de noblesse, une ferme en Algérie, un lointain lien de parenté avec Mauriac, Camus, Gide ou tout autre écrivain un peu connu du vingtième)

_ Ils sont abonnés à la comédie française/à l’opéra/à l’orchestre régional

_Les enfants ont été scolarisé dans une institution (nationale ou locale, en général un lycée de centre ville pour gens biens nés et bien éduqué) (pas du genre à avoir fumer en cachette comme toi petite dévergondée !)

_Un des deux parents avait une vingtaine d’année en 1968

Ne bouge plus ! Cette note est faite pour toi ! Mon expérience et mes lectures progressistes (Dickens, Balzac (dans une certaine mesure), Thackeray, Maupassant (pour Bel ami)) vont t’aider à faire une entrée en beauté. Déjà il y a des règles élémentaires à ne pas enfreindre :

_Ne jamais dire du bien de Sarkozy

_Ne jamais dire du mal du PS

_Ne pas dire du mal des gens qui pondent des maîtrises et des thèses sur des sujets idiots et fumeux (style l’émergence de la langue française au Kosovo, le point virgule chez Jules Renard, le bedeau d’Hennebont) (la caution intellectuelle, ils courent après depuis vingt ans petite !)

_Ne pas être trop jolie (il ne faut jamais donner matière à ragot, donc pas de maquillage, pas de couleurs voyantes, pas de décolleté, pas de mini jupe)

_Porter des couleurs neutres, des lunettes si on en a

_Arriver si possible avec un cadeau qui ne porte pas à polémique (des fleurs, des chocolats, des bonbons, une photo de labrador).

_Les nommer « Madame » et « Monsieur » (même si vous connaissez leurs prénoms et même si leur rejeton les appelle par leur prénom)

_Correspondre au cliché que l’on peut se faire de vous (la modeste provinciale, la fille du peuple, l’intello pur fac, la fille de la terre)

_Ne pas montrer que ce cliché possède des nuances (la grande déesse des hommes, celle qui vomi sur sa jupe après une soirée trop arrosée, celle qui écrit des blogs caustiques, celle qui a roulé sa bosse, celle qui est misanthrope jusqu’à la moelle, celle qui déteste les mouvements de groupe et les dauphins)

_Observer beaucoup, parler le moins possible, ne pas prendre d’initiative sur les sujets de conversation (dérapages possibles, n’oublions pas qu’il ne faut JAMAIS donner matière à ragots ou aux reproches, dans cette situation, vous êtes la salope qui vient piquer un homme dans la tanière d’une femme)

_Si vous faites des études connotées masculine (école d’ingé en mécanique, en bagnole, Naval, St Cyr, école de gendarmerie) ou connotées « formatrice de pourris »(école de commerce (sauf si c’est HEC parce que ça tout le monde connaît, ça rajoutera à la gloire de la famille), école de police, école de dentiste, expert comptable, conseiller fiscal, contrôleur des impôts, ou même tout simplement la poste ou la sncf), masquer le et inventez vous une voie plus glorieuse :

_Maîtrise d’histoire (toujours préciser que vous êtes médiéviste, le Moyen Age ça date tellement que c’est dur de pouvoir polémiquer là-dessus).

_Préparation du Capès de lettres modernes (alors là amour éternel de la part de la belle-mère)

_Ecole d’infirmière (indémodable, on ne s’en lasse pas)

_Tout ce qui peut être lié à prouver votre potentiel de « bonne mère, bonne épouse » (puériculture, cuisine, instit, secrétaire (typique bonne femme))

_Ne jamais donner votre avis sur quelque chose sauf si cela vous est explicitement demandé dès lors rester vague (passer pour une niaise c’est moins pire que de passer pour une emmerdeuse cervelée).

_Trouver quelque chose de gentil à dire sur : la déco de l’appart, les plats servis, la cravate du père, le lustre du poil du chien (le lustre du poil du père aussi pourquoi pas), la musique diffusé, la bonne mine de la grand-mère (même si elle a alzeimher et qu’elle se bave dessus).

_A table bien tenir ses couverts, ne pas lécher son couteau, se tenir droite, aider au service, ne pas parler la bouche pleine, ne pas faire du pied au fils/père/frère, et si vous avez opté pour la jupe droite s’assurer que l’on porte bien une culotte (tant pis pour cochonnou, il fantasmera un autre jour).

_Dire du bien de Rohmer, Truffaut, Fritz Lang, des cinéastes russes et obscurs (sinon ils ne sont pas assez russes).

_Ne pas évoquer Sade, Georges Bataille, Restif de la bretonne, Henry Miller et SURTOUT Michel Houellebecq (grand grand ennemi des soixante huitard passé gauche caviar, au contraire dites en du mal, c’est 1000 points au compteur assuré).

Et surtout n’oubliez pas, l’ancien soixante huitard qui se planquait dans sa chambre de bonne ou dans le grenier de ses parents pour fumer du hash et sauter des filles en scandant des slogans marxistes voir maoïste (et dire qu’aujourd’hui il ne sait même plus ce que fut la révolution culturelle) s’est transformé en soixantenaire heureux de son pouvoir d’achat acquis, fier de ses enfants qui font un lycée de centre ville (ils inscrivent même certains dans des rallyes), envieux des jeunes qui n’ont pas la prostate enflée ni de cholestérol, qui prend beaucoup de plaisir avec ses potes du Kiwanis club (fonctionne aussi avec le Rotary, le stade français, ou le Lions club), et qui a mit en parenthèse ses années sauvages (ou alors il ne se souvient que des phases glorieuses).

Voilà, bonne chance.

Lettre au père Noel

Cher père Noel,

Pour cette année à Noel je voudrai que la paix règne sur le monde au moins pour 24h, que les Palestiniens arrêtent de lancer des pierres sur les Israeliens et que les Israeliens arrêtent de jetter des chars sur les Palestiniens. Que les GI en Irak arrêtent d'y essayer leurs nouvelles armes et que les Irakiens obtiennent la démocratie tant promise. Qu'on serve un buffet campagnard à tous les affamés du Darfour. Que tu apporte un lot de neurone au président des US (et non pas du Bourbon comme l'année dernière) et que tu fasses comprendre à Madonna que l'on efface pas les erreurs du passé en se convertissant à une nouvelle religion à la mode. Je voudrai que tu fasse comprendre aux gras du bide occidentaux que profiter de la misère d'un pays pour s'y taper des petits enfants c'est mal. Je voudrai aussi qu'on arrête de nous servir des OGM à la louche, ainsi que des colorants, sucres, conservateurs,sel et autres cochonneries, se faire du fric au détriment de la santé publique c'est mal. Il faudra que tu dise aux fabriquants de cigarettes d'arrêter de mettre dedans des substances addictives (appellées sur le paquet "agents de texture et de saveur") pour que nous y devenions accro et que l'on crève les poumons fumants. Je voudrai aussi que tu dise à TF1 de prendre exemple sur arte et de programmer des soirées cinéclub tous les mardi soirs ou les vendredi soirs pour que toute la famille en profite. Je voudrai que les mannequins gagnent moins de fric à monter leur cul dans des pubs pour yaourt et que l'excédent aille aux docteurs qui se bousillent les yeux toute la journée à regarder dans un microscope afin de découvrir des choses vachement importante pour que nous on ne crève pas avant l'âge de 110 ans ou que plus aucun petit enfant ne meure du SIDA ou de maladie génétique. Je voudrai que tu dise aux français que la république c'est super bien, d'y croire encore (insiste bien sur les gens qui vivent au palais Bourbon). Je voudrai que tu fasses comprendre aux baby boomer que casser du jeune diplomé c'est mal, et que ce n'est pas de la faute des jeunes s'ils sont plus diplomés et plus compétent qu'eux. Je voudrai que les stages non rémunérés ou payés des cacahuètes soient interdits par la loi. Je voudrai que l'école républicaine serve à nouveau à donner à tous une place méritée dans la société au lieu de faire la machine à exclure. Je voudrai que tu fasses comprendre aux personnes agée que l'on ne collectionne pas les boîtes de médoc comme on collectionne les vignettes panini, c'est pas parce que c'est gratuit qu'il faut se servir avec une louche dans les tiroirs des pharmaciens. Je voudrai que la notion de "responsabilité personnelle" soit comprise en France et que l'on freine un peu sur l'assistanat excessif. Je voudrai que cette année puisqu'il n'y aura pas de Tsunami et que tout à été reconstruit en beau et neuf que ça soit les stars du show biz qui payent des vacances aux Maldives aux banlieusards en échange du pret de leur HLM pour les fêtes. Je voudrai que tu mettes un peu de sel dans la bien pensance des gens pour qu'ils arretent de brouter bien gentiment. Je voudrai que la presse dise la vérité au lieu d'inventer n'importe quoi pour vendre. Je voudrai que l'on arrete de bourrer les linéaires de conneries pour que nous dépensions tout notre fric chez Carrefour. Je voudrai que tu change toute le coke et l'héroine du monde en Régilait en poudre. Je voudrai que tu fasses comprendre aux jeunes que les rastas c'est moche et ça pue et que le reggea c'est vraiment de la merde. Je voudrai que tu fasse comprendre aux nations du Sud que le patriarchisme et le paternalisme c'est vraiment de la merde en boîte, que les femmes peuvent se démerder sans les hommes pour vivre, qu'une femme n'a pas besoin d'un torchon sur la tête pour prouver qu'elle est honnête. Je voudrai que tu donnes la force de Mike Tyson à toutes les femmes qui se font battre ou violer par un connard pour qu'elles puissent lui refaire le protrait par la suite. Je voudrai que tu dises aux mères d'arrêter trente secondes d'être abusives, que leurs enfants ont le droit de se planter de temps à autre, qu'ils ne sont pas un trophée attestant une réussite en tant que mère exceptionnelle. Que l'on arrête un peu d'être con et jaloux de son voisin parce qu'il a un 4X4 de ville rouge alors qu'on a qu'une 106 verte. Que le fric donne moins de pouvoir dans la société, et que la culture soit reconsidéré à sa juste valeur. En fait j'aurai encore pleins de trucs à te demander mais je sais aussi que toi tu es un peu dans la merde parce que tes rennes ont mangé une farine suspecte avec des morceaux de vache dedans, que tes nains sont passés aux 35 heures, que tu as des problèmes avec tes joints-ventures chinoises et que la mère Noel t'a collé une procédure de divorce au cul. Alors bon je vais être raisonnable, je voudrai donc juste un Ipod rose fuschia avec des Hello Kitty en strass collés dessus. Je t'embrasse très très fort Père Noel ps: comme tous les ans je te laisserai au pied du sapin un verre de rouge et un sandwich aux rillettes pour ta pause syndicale.

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