15.07.2008
Le professeur mégalomane
Bon alors Bonne Année à tous et tout le bordel que l'on peut souhaiter pour chacun. Bon formalités d'usage de passés, j'inaugure ici un nouveau cycle de post, en effet forte de mes trois années d'expérience au sein de GEM les frites (moua ha ha), j'ai écris une série de protraits plus ou moins humoristiques ou cyniques destinés à vous faire voyager dans le monde merveille des business school à la française. Dans la série "nos régions on du talent", ma très chère GEM, souhaite sous peu éliminer de son recrutement les admissions parallèles histoire de faire comme son modèle HEC, le problème c'est que GEM n'est précisément pas HEC, déjà ne pas être situé aux environs de panam, ça change tout, en tout cas voila pour moi une occasion de plus de la poignarder. Voici donc le portrait du jour, premier portrait d'une série que j'ai baptisé "les pipeaunautes":
Le professeur mégalomane
Chaque école en possède au moins un, si ce n’est plusieurs. Le prof mégalomane, se croit par essence très important, fondateur d’une école de pensée ou d’un concept fumeux qui n’est qu’une vague resucée d’une théorie sérieuse de ses lointains collègues américains de la Harvard Business School ou de Standford. Il a agrémenté une théorie, un mode de management imaginé depuis déjà près de 20 ans à sa sauce en y ajoutant sa « pensée » et des « jeux symboliques » et surtout beaucoup de son ego. Le voilà donc en tête d’une cellule « Internationale » de recherche dont il est l’unique membre (facile donc dans ce cas d’être international), cellule drainant le maximum de subventions destinées à alimenter de soi-disant recherches qui elles stagnent depuis déjà pas mal de temps. Normal car aujourd’hui il est devenu quelqu’un d’important, la preuve on le demande partout, pour l’instant sa reconnaissance est surtout régionale car il arrive par son charisme à vendre sa soupe à des gogos lors de rencontres organisées par la CCI qui finance l’école supérieure de commerce dans laquelle il évolue. Une compétence que l’on ne peut pas lui enlever c’est bien celle de savoir vendre n’importe quoi à n’importe qui. Devant les étudiants pour lesquels il daigne de faire cours (et aussi parce qu’il a quand même besoin d’arrondir ses fins de mois, son livre contant sa théorie révolutionnaire ne se vendant pas si bien et sa femme réclamant des vacances au ski), il s’enflamme en jouant quand même les mecs ouverts et à l’écoute tout en ayant toutefois du mal à dissimuler un certain mépris pour ces personnes moins âgées que lui qui deviendront de potentiels rivaux d’ici moins de dix ans. Déjà, certains osent lui faire remarquer les raccourcis historiques énormes qu’il prend pour expliquer le déroulement de la marche du monde jusqu’ici, déroulement qui explique à quel point sa théorie doit être appliquée aujourd’hui (oui ce mec se prend vraiment pour un grand penseur révolutionnaire dont dépend la marche économique du monde).
En vérité cet ego énorme est le produit d’un complexe d’infériorité qu’il cultive depuis son adolescence. Ado feignant, il a triplé sa terminale, ayant préféré draguer des filles et jouer au foot (à l’époque il se voyait futur star des stades) plutôt que de bosser son bac, il a vu plusieurs de ses anciens collègues réussir alors que lui stagnait lamentablement. Fort heureusement, sa famille (honteuse d’avoir engendré une telle tare) est riche et peut lui financer par la suite son bac+5 obtenu péniblement tant bien que mal en 8 ans. L’obtention de justesse de son DEA en matière fumeuse (stratégie, développement durable, génie des fumisteries etc.) (Cela dit personne n’a jamais été vérifié qu’il était titulaire d’un DEA) lui redore son blason. Dès lors l’ancien petit mouton noir se veut aujourd’hui grand penseur devant l’éternel. Il a même compris que plus un mensonge est gros plus il passe, du moment que l’argument de vente est bon. Sa grande gueule dissimule bien son manque d’épaisseur. Au quotidien il est insupportable, vit le portable greffé à son oreille, au restaurant joue ostensiblement avec (quel genre d’appel important peut il attendre à 23h ?), parle fort, n’écoute personne d’autre que lui-même et se veut bon conseiller parce qu’il a soi-disant de l’expérience en entreprise (alors qu’il vit à l’école depuis qu’il est né). Toute personne ne pensant pas comme lui est forcément conne à ses yeux, ce qui lui a valu d’ailleurs de se fâcher avec pas mal de ses collègues (particulièrement des spécialistes de la gestion financière, les mecs qui ne supportent pas ce qui ne peut se démontrer sans preuves).
Con, presque toujours chauve, petit et bedonnant, ce genre d’homme ne possède rien pour lui si ce n’est sa « cellule internationale » qui le planque bien au chaud aux frais de la princesse (une ESC de province coûtant plusieurs milliers d’euros chaque année), reste pour lui de ne pas se fâcher avec le directeur de la susdit école sous peine de se voir torpillé ailleurs, même s’il compte sur les royalties de son bouquin prétentieux et mal écrit (le seul qu’il écrira d’ailleurs) pour lui donner fortune. C’est toujours en face de son patron que soudainement on le voit moins ramener sa grande gueule.
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Commentaires
Putain, arrête de me rendre nostalgique de saucisse Halal.
Rebelle de principe (fume des joints, chier les profs et méprise intellectuellement ses amis) et couille molle de nature (il serre ses fesses dès que tu hausses un peu le ton, regarde ses souliers quand il comprend qu'il est dans la merde).
La grandeur d'un homme en toute somme.
Ecrit par : Madamada | 25.07.2008
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